Un lavis, mais c’est quoi truc ?

Le lavis est une technique picturale consistant à n’utiliser qu’une seule couleur à l’aquarelle ou à l’encre de Chine.

Le Lavis en aplat est un tout simplement un remplissage uniforme d’une couleur.
Pour savoir créer un fond uni, vous devez maitriser le lavis en aplat, c’est la technique de base de pour l’aquarelle. Pourtant, l’utilisation d’aplats uniformes ne se retrouve que peu dans les œuvres des grands aquarellistes, ceux-ci lui préfèrent les tons nuancés et effets de toutes sortes.
Maitriser un aplat de lavis est nécessaire avant de vous lancer dans des techniques plus avancées.
Pour créer un lavis en aplat, prévoyez la quantité nécessaire de votre mélange de couleur, mieux vaut ne pas tomber à court de couleur au bon milieu de votre surface à remplir. C’est encore plus important s’il s’agit d’une teinte personnalisée résultant d’un mélange entre différentes couleurs, dans ce cas il vous serait alors impossible de recomposer le teinte exacte du précédent mélange, vous arriverez tout au mieux à vous en rapprocher, et la différence dans la transition de couleur sera très probablement visible, sans oublier que le temps que vous aurez mis à refaire votre savant mélange aura joué contre vous et que votre aplat aura eu le temps de sécher partiellement rendant également impossible l’homogénéité entre la partie ancienne et nouvelle de cet aplat.

De toute façon, retenez qu’il vaut mieux préparer assez de peinture avant de vous lancer, même si votre teinte provient d’une couleur non mélangée !

Pour créer un lavis le plus uniforme possible (aplat), voici comment procéder:

  • Préparer votre mélange dans un petit godet en veillant à ce que la quantité préparée soit supérieure à la surface que vous souhaitez remplir, pas de panique, après quelques essais vous serez à même à estimer de manière assez juste quelle quantité de peinture est suffisante pour la surface que vous souhaitez remplir.
  • Prévoyez un plan incliné pour y placer votre feuille, ce plan incliné permettra à la peinture de s’écouler vers le bas au fur et à mesure de vos passages successifs, ce qui diminuera fortement la visibilité des traits de pinceaux.
  • Tenez compte du fait que l’eau rend votre couleur plus transparente et donc plus claire (le blanc du papier transparait d’avantage), et que votre couleur s’éclaircit également en séchant, veillez donc à préparer une couleur légèrement plus sombre et suffisamment intense pour ne pas être désagréablement surpris une fois votre lavis sec.
  • Remplissez votre pinceau du mélange (utilisez un pinceau qui peut contenir suffisamment de couleur, un pinceau rond ou en langue chat en poil de petit gris est idéal pour ce genre d’exercice), une fois votre pinceau bien chargé de couleur, frottez-le doucement sur le rebord du godet pour faire tomber quelques gouttes afin d’éviter qu’elles ne tombent d’elles même lors du trajet vers votre papier ou pire sur le papier, mais surtout, veillez à garder votre pinceau suffisamment bien rempli.
  • Posez votre pinceau sur le papier en haut de la surface à remplir et commencez-en le remplissage en plaçant une première bande horizontale d’une bonne largeur ‘il faut un peu appuyer les poils de votre pinceau sur le papier pour ne pas faire qu’un fin trait de la pointe, mais bien un trait le plus large possible en utilisant le corps entier des poils du pinceau. Vous verrez, si votre pinceau est suffisamment chargé de couleur, qu’un rebord en forme de longue goutte de couleur apparait sur tout le long du bord inférieur de la bande que vous venez de peindre, c’est parfait!
  • Rechargez votre pinceau vous l’avez fait juste avant et posez votre seconde bande de couleur sous la première, mais en la chevauchant légèrement de manière à ramasser au passage cette longue goutte horizontale.
  • Ensuite, appliquez cette même technique de bandes horizontales successives jusqu’au bas de la surface à remplir.
  • Une fois toute la surface remplie, au bas de votre lavis, une goutte de couleur se formera, vous pourrez l’aspirer de la pointe du pinceau si celui-ci est déchargé de couleur, posez y délicatement la pointe, la goute indésirable disparaitra par effet de succion.

Difficultés auxquelles peut être confronté le débutant:

  • Attention aux lignes trop fines, veillez à faire des bandes bien épaisses en débordant à chaque fois de quelques millimètres sur votre bande supérieure, il ne faut pas coller votre nouvelle bande contre la précédente, mais bien déborder dessus!
  • Veillez à ne pas avoir un pinceau trop peu chargé en peinture, il faut que le bas de votre bande se remplisse presque instantanément de peinture lors du passage de votre pinceau, l’inclinaison du plan de travail est importante pour obtenir cet effet.
  • Essayez de commencer d’emblée avec un trait large, il importe peu d’être exactement sur le bord gauche ou droit du cadre que vous avez tracé pour définir la surface de votre aplat lors d’un premier exercice, concentrez-vous dans un premier temps sur la façon de poser vos bandes de couleurs avec le plus de fluidité possible.
  • Si vous partez de travers, rattrapez le coup au passage suivant en faisant une bande plus courte en longueur et arrêtez-vous dès qu’elle chevauche presque complètement la précédente, ensuite reprenez des bandes sur toute la longueur en veillant à bien rester le plus horizontal possible.
  • Si une bande n’est pas réussie, trop peu chargée en peinture, repassez dessus sans tarder, mais ne repassez jamais sur une bande plus ancienne que la précédente, ça ruinerait l’homogénéité de votre aplat.

Je vous conseille vivement d’effectuer plusieurs fois cet exercice afin de maitriser cette technique de base qui cela dit n’est pas très difficile, essayez avec des couleurs différentes, vous serez surpris de constater que certaines ne laissent pas de traces alors qu’avec d’autres il est quasi impossible d’obtenir un aplat homogène, et si au final ce n’est pas parfait, ne vous en faites par trop. Ce qui donne tout son charme à l’aquarelle, ce sont les nombreux effets involontaires que l’eau prodigue.

Vous pouvez également refaire cet exercice sur papier mouillé, sur papier humide et sur du papier presque sec, cet variante vous permettra de comprendre la réaction de la peinture sur les différents degrés d’humidité du papier.

L’étape suivante consiste à recommencer pratiquement le même exercice, mais en ajoutant de l’eau au fur et à mesure des bandes, afin de créer un dégradé homogène de votre couleur vers le transparent.
Encore une autre variante consiste à remplacer l’eau par une autre couleur en augmentant ses proportions dans le mélange au gré des bandes, ce qui vous donnera en quelques étapes un beau dégradé d’une couleur vers une autre.