Voici un article qui devrait vous permettre d’ajouter un peu de caractère à vos peintures.

Eh oui ça n’arrive pas qu’aux autres de réaliser une peinture qui, malgré un dessin réussi et une technique irréprochable, reste très moyenne, voir même qui manque cruellement de pêche.

Bienheureux celui qui parviendra détecter le manque de caractère dans une de ses œuvres avant même qu’elle ne soit terminée, et surtout celui qui parviendra à lui insuffler la force salvatrice!

C’est un paradoxe, parfois une peinture un peu trop soignée ou trop léchée aura pour fâcheuse conséquence un cruel manque de pêche ou de caractère. Eh bien, peut-être est-il encore temps de corriger cet impair en apprenant à utiliser à bon escient ici où là l’un des nombreux effets que l’aquarelle nous offre.

 

Les éclaboussures:

Ces petites taches de peintures projetées par le pinceau ou par une brosse à dent, peuvent se révéler être la technique idéale pour donner un du caractère à votre peinture. Elles peuvent être de grande taille, peu ou moyennement nombreuses, d’un aspect brut et négligé ou beaucoup plus petites, fines et très nombreuses. L’utilisation des éclaboussures est souvent utilisée afin de créer des de texture, tel que du feuillage. Dans certains cas cette technique nécessitera de cacher certaines parties du papier pour n’appliquer l’effet que sur la zone désirée, certains aquarellistes utilisent de simples bouts de papier déchirés pour masquer les zones qui ne doivent pas être touchées par les éclaboussures.

visage avec éclaboussures

Wen Ming-Xin

  taches de couleur

On peut également éclabousser de l’eau claire sur une peinture, pour y faire apparaitre des petites taches plus claires et y produire un effet de matière particulier, pour cette technique un atomiseur peut également être utilisé.

Les coups de pinceaux secs exécutés rapidement:

les zones secondaires d’un tableau sont parfois travaillées de façon plus rapide et plus désinvolte, cette façon de faire vient du croquis, ou de l’esquisse rapide et à pour effet de bien marquer la différence d’importance entre le sujet principal et le reste du tableau. Les zones ainsi traitées laisseront souvent apparaitre des coups de pinceau donnés à la va-vite, ceux-ci apparaitront morcelés par le blanc du papier. La réussite et l’intensité de ces effets dépendra de plusieurs facteurs, le pinceau ne doit pas être trop chargé de peinture, ni même être perpendiculaire à la surface du papier, bien au contraire, plus il sera couché sur la surface du papier, plus l’effet sera facile à produire, la rapidité du coup de pinceau aussi à son importance, au plus vite il glissera sur le papier au moins la couleur aura de temps pour s’y déposer, pour obtenir un effet réussi, où les bords du traits seront complètement inégaux et qui laisseront apparaitre en toute beauté le grain du papier. Ces coups de pinceaux, s’ils sont maitrisés (ce qui demandera un peu d’exercice), paraitront très naturel, et c’est bien là le paradoxe de cette technique, arriver à suffisamment de maitrise pour donner à ces coups de pinceau l’illusion d’une désinvolture complète.

nature morte acec un fond travaillé avec des coups de pinceau bruts coup de pinceau brut

Provoquer un accident:

Provoquer un accident, ais-je bien entendu?

Eh oui, c’est bien de cela qu’il s’agit car il arrive bien souvent qu’un accident apporte de la beauté dans une peinture, mais alors, comment est-ce possible?

Ne vous êtes vous jamais émerveillé devant le tracé d’une fissure courant le long d’un mur ou en observant l’avancée d’une dentelle de rouille grignotant la carrosserie d’une voiture, ou mieux encore, devant les taches irisées de quelques goutes d’essence dans une vulgaire flaque d’eau?

L’accident a un énorme avantage sur nous, son résultat final est en partie imprévisible, il n’est pas dicté par notre main mais par les lois de la nature ou de la physique, il crée un effet de surprise qui plait ou déplait, et ses effets sont bien souvent inégalables, ainsi nous nous émerveillerons devant l’explosion de nuances de teintes tel que provoquera la coulée d’un intense rouge carmin traversant une zone d’outremer encore humide, la réussite de l’accident n’est pas courue d’avance, mais avec de l’expérience, on pourra mettre en place un cadre idéal pour y mener à bien l’ accident. Les conditions principales à bien connaître pour réussir ce processus sont: le choix de l’endroit dans la composition, le timing idéal en fonction de l’humidité du papier mais aussi et surtout les couleurs qui entreront en jeu dans ce processus.

"Sologne" Reine-Marie Pinchon

« Sologne » Reine-Marie Pinchon

Détail de "Sologne" de Reine-Marie Pinchon

Détail de « Sologne » de Reine-Marie Pinchon

Certains deviennent des maîtres dans l’art de provoquer des accidents dans leurs peintures, ainsi donc, ils ajouteront avec goût ou pas, auréoles et coulées afin d’en chasser le côté trop soigné et par là même, ils apporteront un peu plus de naturel à un tableau qui serait trop construit ou trop léché.

Le fait par exemple de créer ses mélanges de couleurs directement sur le papier sans même chercher la perfection d’un fond uni ou d’un dégradé parfait nous apporte des quantités de nuances délicates ce qui au final donne un peu plus de vie ou d’intérêt à votre peinture, si comme toujours, cette technique est utilisée à bon escient.