Silhouette avec enfant

Placer des personnages dans votre peinture équivaut dans bien des cas à donner vie à votre aquarelle, ça vous permet de raconter une histoire, mais aussi de retenir l’œil du spectateur. Ce n’est pas un détail, mais un ajout qui peut faire la différence entre un tableau passable et un tableau vivant et réussi.

Pourtant, l’ajout de personnages est un exercice délicat pour la plupart d’entre nous.  La réussite d’un tableau tient réellement à peu de choses et tout gâcher en y ajoutant des éléments pas bien maitrisés tels que des personnages peu convaincants qui ne collent pas du tout avec l’atmosphère serait une fautre grave. dans cet article, je vais vous donner les outils qui vous permettront d’éviter ce mauvais pas.

Alors, comment y parvenir sans tout gâcher?

Surtout en évitant les causes le plus fréquentes qui empêchent la réussite de cet ajout et en vous entrainant de façon réfléchie.

La taille inappropriée des personnages dans un décor est un élément destructeur et qui saute aux yeux, cette faute a pour effet immédiat de démolir l’illusion de profondeur de votre peinture. Faites très attention à bien respecter les lois de la perspective et les proportions qui en découlent, soyez très attentifs à bien ajuster la taille de vos personnages en fonction de la distance à laquelle ils sont supposés se trouver dans la scène que vous représentez. Un personnage trop grand près d’une porte par laquelle il ne pourrait passer sans se plier est le genre d’erreur destructrice qui ne trompe personne!

Une autre erreur à éviter est l’excès de détail, souvent le peintre débutant et amateur veut trop bien faire et se perd dans des détails inutiles. Une rapide analyse des travaux de certains grands aquarellistes, dont Joseph Zbukvic, montre que leurs personnages tiennent pour la plupart en quelques coups de pinceau savamment donnés, leurs figurines sont réduites à l’état de silhouettes légèrement colorées (voir ci-contre), pour la majorité, les pieds ne sont même pas dessinés.

silhouette zbukvic silhouette zbukvic silhouette zbukvic Silhouette Alvaro

La structure simple de ces silhouettes se résume comme suit, une tête ovale, posée sur de larges épaules, un buste proéminent et des jambes filiformes s’évanouissant parfois avant les pieds, et pourtant ces silhouettes suggérées fonctionnent parfaitement, mais paradoxalement, ces silhouettes toutes simples, ne sont pas le fruit d’un heureux hasard, elle sont le résultat d’un long processus, d’un ouvrage sans cesse recommencé, à un tel point qu’il est devenu très naturel, aussi intuitif que s’exprimer dans sa langue maternelle ou que de rouler à vélo, pourtant, celui qui apprend à parler une langue ou qui doit apprendre à rouler à vélo, sait a quel point y arriver est une vraie prouesse.

J’ai préparé un exercice qui vous aidera grandement pour la création et de personnages.

Pour ce faire je mets à votre disposition deux types d’images, d’abord vous trouverez différentes silhouettes, ensuite des scènes vides et dont le contraste est volontairement diminué (car couvert d’un voile blanc), elles sont si claires que les imprimer n’utilisera pas beaucoup d’encre.

Cet exercice va faire travailler votre mémoire tandis que vos deux hémisphères cérébraux seront eux aussi mis à contribution (woauw, ça va chauffer là-dedans), ces connexions multiples sont extrêmement importantes pour apprendre et surtout s’améliorer en dessin, cette synergie devrait vous faire progresser beaucoup plus vite! Mais assez de blabla, passons aux actes!

Dessinez une des silhouettes au pinceau, au bic, au feutre ou au crayon à partir d’un des originaux fournis, tentez de le faire de façon convaincante, puis cachez votre modèle et tentez de recréer la silhouette en vitesse.

Ensuite, analysez attentivement votre nouvelle silhouette, sans plus regarder regarder l’original, mais tentez, à l’aide de votre simple logique, de voir ce qui ne vas pas et ce que vous pourriez améliorer, dans ce cas il est très important de ne pas vous aider de la documentation fournie, basez vous uniquement sur votre mémoire et votre intuition.

En principe, votre cerveau devrait être capable de déceler les incohérences, ensuite reprenez votre pinceau et recréez une version légèrement différente en apportant si bien que possible les améliorations souhaitées, peignez la à côté de la précédente, puis recommencez encore et encore en analysant à chaque fois les points faibles et les points forts de chaque nouvelle itération. Après avoir peint une dizaine de silhouettes, arrêtez-vous et oubliez cet exercice jusqu’au lendemain.

Le jour suivant, reprenez vos essais et votre modèle de base et soyez critique envers vos ébauches, évaluez-en les points forts et les points faibles, distinguez les proportions harmonieuses et celles qui ne fonctionnent pas et recommencez encore une fois l’exercice au complet avec une dizaine d’essais comme le jour précédent. Sans que vous vous en rendiez compte, votre œil et votre cerveau s’habitueront aux meilleurs proportions au fur et à mesure des exercices, et ils vont se graver dans votre mémoire, bientôt, vous serez surpris d’être capable de peindre ces silhouettes par cœur.

multi silhouette